
Ellen Gabriel
Ellen Gabriel confronte sa mémoire de la crise d'Oka, à sa pratique picturale. Sur les lieux du conflit, elle a entrepris, à travers la représentation des arbres de la fameuse pinède, de témoigner de la profonde cassure où se rejoignent d'abord elle-même et son peuple, ses voisins québécois ainsi que la nature blessée. Paradoxalement, un profond sentiment de sérénité imprègne cette série de pastels.
Autour du magnifique portrait de sa grand-mère, l'artiste nous invite dans l'intimité de sa famille. Nous percevons bien vite qu'au-delà d'une réflexion fermée sur les problèmes de l'art, Ellen Gabriel a choisi d'explorer, en laissant sciemment derrière elle les acquis de la modernité, l'héritage des siens comme si, inlassablement, elle voulait en finir avec les mémoires usurpées. Elle nous transmet l'essentiel de sa culture. De cette manière, elle aspire à une meilleure compréhension, pour elle-même et pour les autres, et au respect mutuel. Par ses peintures et ses dessins, elle participe à la déconstruction des stéréotypes négatifs qui perdurent face aux premiers occupants du pays.