« Dans son récit, Mathieu André parle tout autant des croyances ancestrales et des rituels sacrés des Innus que de la "nouvelle religion" apportée par les missionnaires catholiques. Il semble même se contredire car l'Église condamnait les rituels qu'elle considérait comme sataniques. Aujourd'hui, certains Innus convertis pensent effectivement que les rituels anciens ont quelque chose de malsain. Nous avons voulu exprimer cette opposition des croyances et des pratiques tout en montrant qu'il aurait peut-être été possible que les deux courants de pensée puissent échanger sans se détruire. »
ASHUKAN
Jean-Pierre Fontaine et Isabelle Courtois ont imaginé un conflit des spiritualités quiaujourd'hui encore laisse une faille profonde dans le coeur de plusieurs. La connaissance de l'intérieur, pourrait-on dire, qu'avait Mathieu André des cérémonies sacrées des Innus a permis cette transmission livresque d'un héritage issu d'une tradition orale menacéede disparition après l'arrivée des missionnaires. Le bas-relief d'Ashukan, sous son aspect morcelé, rend bien compte de cette déchirure ; les deux moitiés d'un cercle brisé se souderont-elles un jour ?