Six cinéastes
Jeff Barnaby

Description de l'entrevue avec Jeff Barnaby

Je suis un Mi’gMaq de Listiguj, la réserve qui est connue surtout à cause du raid que la SQ y effectua en 1979 ; Alanis Obomsawin a fait un film sur ces événements.

Très jeune, j’ai manifesté un intérêt pour les arts principalement l’écriture, la musique et le dessin. Mais après avoir découvert le cinéma et vu à quel point les films ont été préjudiciables aux peuples autochtones, j’ai décidé de m’orienter vers une carrière cinématographique.

C’est vrai que mes films sont violents, hyperboliques, extrêmes. Mes personnages expriment avec intensité la douleur sourde et le désespoir muet qui se vivent au quotidien dans nos communautés. Je ne vais pas mettre des gants blancs pour rappeler gentiment que nos langues sont en perdition et que nos cultures s’effritent. Nous n’avons plus qu’une pâle idée de ce que nous avons perdu et qui nous manque désespérément. Mes films sont une sirène d’alarme. Pour réveiller les gens de leur léthargie, il ne faut pas se gêner de donner des coups de pieds au cul.

Mon prochain film sera un long-métrage, une histoire de zombis qui se passe dans une réserve amérindienne.

J’espère que le cinéma pourra redonner aux Amérindiens ce qu’il leur a enlevé : la fierté, le goût d’être ce qu’ils sont, de parler leurs langues et de conserver leurs cultures.