Description de l'entrevue avec Tracey Deer
Tracey Deer a décidé de devenir cinéaste à 12 ans. Elle louait des caméras vidéo avec l'argent qu'elle économisait et elle tournait des petits films avec ses amis. Un Noël, on lui a offert sa propre caméra. Une cinéaste était née ! Elle n'a plus jamais arrêté d'écrire des scénarios et de diriger ses amis dans ses films d'adolescente.
Elle adorait Hollywood et son rêve était de faire des films. Au collège, elle a pris un cours sur le documentaire et a réalisé que ce serait son mode d'expression favori. Le documentaire est tellement indissociable de la réalité humaine. Elle est revenue à Montréal pour visiter sa famille avant de partir pour Los Angeles ou New York faire carrière... pensait-elle. Mais le hasard a voulu qu'elle rencontre des gens d'une compagnie de production locale qui l'ont engagée sur le champ. Elle a d'abord été assistante de production, puis très rapidement elle a été promue au poste d'assistante directrice.
Elle a proposé de faire le documentaire « Mohawk Girls » au producteur et c'était parti. Plus récemment, elle travaille sur deux autres documentaires et a fondé sa propre compagnie de production.
Elle était co-réalisatrice pour le film « One more River - The deal that split the Cree ». Ce fut une expérience des plus significatives. Pour commencer, étant Mohawk, elle connaissait à peu près rien de la culture crie, alors elle a du apprendre sur le terrain. Par contre le co-réalisateur était cri, ce qui lui a facilité la tâche. Faire un film sur la culture d'un autre peuple des Premières Nations est très différent que d'en faire un sur la sienne.
Lorsqu'elle travaillait sur « Mohawk Girls », elle avait toujours peur de mécontenter les gens de sa communauté. Mais en fin de compte, ses peurs n'étaient pas fondées parce qu'elle n'a eu que des encouragements et du soutien.
Son film subséquent, « Club Native » parle d'identité et d'appartenance. Qui étions-nous, qui nous sommes et où allons-nous. Le film jette un regard sur les personnes qui sont touchées par la question de l'identité. Ce n'est pas que de la politique, c'est une question fondamentale mais un peu taboue. Les gens disent qu'elle est courageuse de s'attaquer à un tel sujet. Tracey n'aime pas l'idée que la peur vous empêche d'agir. Ce n'est pas une façon de vivre.
Elle est fière de ce qu'elle a accompli jusqu'à maintenant. Elle pense que la persévérance est essentielle, mais qu'elle n'a de limite que le ciel.