Description de l'entrevue avec Kevin Papatie
J’habite la communauté algonquine de Kitcisakik. Dès la première année où le Wapikoni mobile est arrivé dans la communauté, je me suis retrouvé avec une caméra dans les mains et j’ai reçu une formation. La deuxième année, j’ai livré un témoignage, j’ai fait le son, composé la musique, fait de la traduction. C’est comme ça qu’est née ma passion. C’est à la troisième année que j’ai réalisé Wabak. L’inspiration pour ce court métrage est venue des longues conversations avec mon ami Gilles Penobsway (qui a co-réalisé le film). On s’entend sur la plupart des sujets et en discutant de spiritualité, on s’est dit pourquoi ne pas faire un film sur le bien et le mal.
C’est à Rouyn-Noranda, au Festival du film d’Abitibi-Témiscamingue, que Denise et Denis (Denise Robert et Denis Arcand) on vu mon film suivant, intitulé L’Amendement, qu’ils ont tellement aimé qu’ils ont voulu le mettre en première partie de L’Âge des ténèbres. Mon court-métrage a donc été gonflé en 35 mm pour pouvoir être montré dans tous les cinémas où le film d’Arcand a été projeté. C’est un film qui dénonce les pertes culturelles que nous subissons et le bris des liens familiaux intergénérationnels que ça provoque.
Avec le studio que nous avons maintenant dans la communauté, nous avons eu des contrats pour faire des films notamment pour la prévention de la délinquance juvénile avec Liaison Justice à Val d’Or ; et un autre avec Lebel-sur-Quévillon. Nous avons beaucoup de soutien du conseil de bande, de la Société de développement de Kitcisakik, du conseil en éducation de l’APNQL, du Wapikoni.
Je suis fier que ma communauté ait su donner la parole aux jeunes. C’est un pas de plus dans la voie du progrès et de la guérison.