Description de l'entrevue avec Paul M. Rickard
Lorsque Paul Rickard grandissait à Moose Factory dans les années 70, il se souvient que son on oncle était un des seuls qui possédaient un téléviseur. Son frère Fred présentait des films « hollywoodiens » que Paul regardait avec grand intérêt. Il aidait d'ailleurs son frère avec les séances de cinéma.
À l'université de Western Ontario, Paul n'a pas étudié le cinéma, mais le journalisme. À son retour à Moose Factory, il a travaillé dans le tout nouveau centre de communication de la communauté. C'était les années 80 et ils produisaient des émissions de télévision en cri pour la Baie James et les environs. Il est resté là trois ans faisant des entrevues avec les aînés, couvrant des événements et des conférences, dans sa langue maternelle, le cri.
Le film « The Winter Chill » lui a été inspiré par une histoire que lui a raconté son père à propos de son grand-père. C'était un court récit d'environ une page et son père lui a dit que ce serait une bonne histoire à mettre en images.
Paul avait toujours été intéressé à faire des films de fiction même s'il a fait surtout des documentaires. Alors, il a adapté cette histoire qu'il a voulu mettre en scène dans le présent. Les anciens récits sont construits afin d'en tirer des enseignements et ils sont aussi pertinents aujourd'hui qu'ils l'étaient dans le passé.
Aujourd'hui les gens vivent dans les communautés et ne vivent plus nécessairement du territoire et de la façon de leurs parents. Paul voulait simplement montrer que les histoires traditionnelles ont leur place dans ce monde moderne.
« The Winter Chill » a été tourné à Moose Factory; s'il avait été un producteur, il aurait peut-être choisi de tourner dans les Laurentides. Mais il tenait à ce que l'action se passe dans son lieu d'origine. C'était un grand défi puisque le tournage s'est fait en février avec des températures de moins 30 degrés.
Il y a 5 ans, Paul a fait une série de documentaires sur les langues autochtones à travers le Canada. Il était intéressant de voir comment les gens des communautés font des projets et des progrès afin de revitaliser et de rehausser leurs langues. Alors, tous les documentaires sont réalisés en langues autochtones.
Les réalisateurs de films ont un rôle important à jouer auprès des communautés. Si Paul fait un film en anglais, il le fera traduire en cri ou dans la langue autochtone des sujets de ses films.
Paul est très inspiré par les aînés et par les histoires qu'ils racontent. Il pense que le rôle des cinéastes est de continuer leurs histoires en les mettant en images. C'est aussi important de transmettre les connaissances aux jeunes et de travailler avec eux à travers des programmes de formation ou en donnant des ateliers. C'est d'ailleurs un des buts du festival du film de Moose Factory où des cinéastes autochtones offrent des ateliers depuis 2001.